Saint Martin et Saint Barthsamedi, 07 juillet 2007
Saint Martin et Saint Barth se détachent de la GuadeloupeLa partie française de l'île de Saint Martin (53 kilomètres carrés et 29000 habitants dont un certain nombre d'immigrants haïtiens) et l'île de Saint Barth (25 kilomètres carrés et 7 000 habitants) sont très avancées dans leur processus d'évolution institutionnelle vers le statut de Collectivités d'outre-mer (COM). Jusqu'à récemment simples communes du Département et région d'outre mer Guadeloupe leurs populations ont opté lors de consultations populaires en date du 7 décembre 2003 pour ce nouveau statut qui implique normalement selon l'article 74 de la constitution française l'application du principe de spécialité législative ainsi que le non respect des normes de droit communautaire européen. Autrement dit, ces îles ne seront plus assujetties au droit communautaire et leurs autorités locales propres auront certaines compétences en matière de production normative. La loi organique 2007-223 du 21 février 2007 est venue préciser les modalités de mise en oeuvre du nouveau statut desdites îles. Le 1er juillet a eu lieu le premier tour des élections territoriales tandis que le second tour aura lieu le 8 juillet. Les électeurs sont appelés à élire l'assemblée territoriale unique qui élira un exécutif local faisant office de conseil départemental , régional et municipal. A la première réunion de cette assemblée, normalement le 15 juillet, l'évolution statutaire sera de plein effet. Du nombre des points qui doivent nous intéresser dans le cadre du détachement de ces îles de la Guadeloupe et de l'obtention par elles du statut de COM il y a surtout la spécialité législative et la non appartenance à l'Union européenne.
A la différence des DOM où s'applique à des nuances près le principe de l'identité ou de l'assimilation législative (ie: les lois française s'y appliquent comme dans la métropole sauf si elles prévoient le contraire), les collectivités d'outre mer qui remplacent en vertu de la loi constitutionnelle du 28 mars 2003 les Territoires d'outre mer se voient appliquer le principe de la spécialité législative. En vertu de ce principe, les règles législatives et règlementaires édictées par le Parlement et le Gouvernement français ne sont au contraire applicables à ces collectivités que sur mention expresse. De même, les autorités de ces collectivités détiennent des compétences propres de production normative pouvant être spécifiées par une loi organique.
Dans le cas de l'évolution statutaire de St Barth et de St Martin, plusieurs réflexions s'imposent s'agissant de l'application du principe de la spécialité législative. L'on se contentera ici d'en soumettre une à votre sagacité.Cette évolution statutaire conduira sans doute à la consolidation de la particularité fiscale de Saint Barth dont les habitants tout en étant de droit assujettis à l'impôt sur le revenu n'étaient pas astreints à le payer dans les faits. Aussi, peut-on considérer que la République française a agi dans le but de créer de jure son propre paradis fiscal dans les Caraïbes. il est en tout état de cause vrai que les deux îles en questions s'étaient toujours distinguées par leur culture et mode de vie du "continent " guadeloupéen. Les St barths sont majoritairement de souche normande tandisque du coté de Saint Martin l'influence anglo-saxonne est très forte. Il s'agit de la seule île antillaise à coté d'Hispaniol, séparée en deux entités politiques différentes. Le traité de Concordia datant du XVIIe siècle a en effet opéré le partage de cette île entre la France et les Pays-Bas. S'y applique un principe de libre circulation des personnes qui n'est pas dénuée de tout impact sur les politiques d'immigration.
S'agissant de l'appartenance à l'Union européenne, seule les DOM ont véritablement ce privilège avec les contraintes qui l'accompagnent. Aussi, les COM, comme le Pays d'outre mer qu'est la Nouvelle Calédonie,ont plutôt un statut d'association moins contraignant et ne font donc pas partie de l'UE. Ce statut est prévu dans la Partie IV du traité CE(article 182 à 188). Les territoires concernés étaient prévus à l'annexe II du Traité CE. Ils entretiennent des relations privilégiés avec l'UE. Ils peuvent même avoir une monnaie distincte de l'euro comme le franc pacifique émis par l'Institut d'émission du pacifique ou le florin des antilles néerlandaises.
L'intérêt de l'étude de l'évolution statutaire dans l'Outre-mer français réside surtout dans le dynamisme que comportent bien des concepts politiques ou juridiques dégagés dans certains droits nationaux et supra nationaux. Aussi peut on se demander que reste-il de l'unité et de l'indivisibilité de la République? On peut aussi s'interroger sur le rôle de l'Union européenne au niveau des territoires associés (les PTOM ou les PCOM)? L'intérêt de l'étude spécifique de l'évolution statutaire de Saint Barth et Saint Martin peut également se situer dans la nécessité de mieux connaitre notre environnement caraïbéen.
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1. 10-07-2007 11:31 Il est utile aussi pour être complet de rappeler qu'en 2003 les électeurs de Martinique et Guadeloupe ont aussi voté mais contre un changement de statut 2. 10-07-2007 23:39 Ce que j'aurai retenu Quote: Aussi, peut-on considérer que la République française a agi dans le but de créer de jure son propre paradis fiscal dans les Caraïbes. Il est dommage que vous ne vous soyiez limité qu'à cette seule phrase. Mais elle fait preuve d'une justesse d'analyse qui vous fait honneur. Et qui m'a fait réfléchir. Merci. 3. 11-07-2007 20:39 Ce que j'aurai retenu c'est vrai que stbarthélémy a toujours été de facto paradis fiscal et lieu de repos de milliardaires mais je ne pense pas que ce soit mauvais en soi 4. 11-07-2007 21:18 Ce que j'aurai retenu Je comprends que cet aspect retienne davantage votre attention Patricia. C'est une question importante et même stratégique dans la région et dans le monde. Elle conduit à une question que je soumets à votre sagacité reconnue: la lutte menée par certains Etats du Nord contre les centres financiers offshore et leurs pratiques est-elle sincère quand on sait que nombreux sont ces centres relevant de leur souveraineté? 5. 11-07-2007 21:51 Ce que j'aurai retenu Je crois que vous avez déjà la réponse dans votre question. Si ces centres relèvent de leur souveraineté, il va de soi que les Etats du Nord devraient être plus à même de les combattre, non? Mais la vraie question serait de se demander si le capitalisme peut se passer des centres offshore? S'il peut vraiment faire une croix sur ces techniques qui assurent l’attractivité du système : l’optimisation fiscale, des offres juridiques qui garantissent l'opacité et le cloisonnement des responsabilités, et enfin, une sous-régulation des activités financières? On comprend dès lors plus aisément pourquoi des pays riches (et capitalistes) ne peuvent se permettre d’être sincères dans leur « lutte » contre les paradis fiscaux. Lire à ce sujet:Le Capitalisme clandestin de Thierry GODEFROY. 6. 12-07-2007 19:01 Ce que j'aurai retenu Mmmm C'est effectivement un excellente reference sur la question je le recommande a tous les utilisateurs. Merci Patricia de l'avoir mis dans ton comment.7. 12-07-2007 20:56 Ce que j'aurai retenu Faut dire que le Monde n'est pas parfait mais est perfectible. C'est la force de propositions cohérentes qui peut le faire évoluer.Faut construire des modèles applicables pour remplacer ceux qu'on critique. Non? 8. 12-07-2007 21:21 Ce que j'aurai retenu Il ne s'agit pas tant de critiques ici. Mais plutôt de constats. Quant à des modèles alternatifs, plusieurs ont déjà été proposés. On a, pour ainsi dire, l'embarras du choix. De Marx à Negri, en passant par les altermondialistes, les propositions ne manquent pas. Il ne reste plus qu'à se concerter puis les mettre à l'essai. 9. 13-07-2007 12:22 Ce que j'aurai retenu Il y a cependant un déficit de volonté de mettre en application les modèles alternatifs de la part des secteurs capables de le faire. Ces modèles sont souvent attentatoires à de gros intérêts. 10. 15-07-2007 18:40 Ce que j'aurai retenu L'intérêt d'Haïti serait aussi de rendre ses règles plus attractives en matière fiscale et de rechercher plus de stabilité pour être aussi un centre offshore au lieu d'imiter le jeu des nostalgiques du communisme11. 16-07-2007 18:16 Installation des conseils territoriaux C'est désormais fait. Les conseils territoriaux élus ont été installés ce 16 juillet à Saint Martin et à Saint Barth par le secrétaire d'Etat de l'Outremer Christian Estrosi. Bruno Magras(Divers droite) préside le conseil de SaintBarth tandis que Louis Constant Fleming (UMP) préside celui de Saint Martin. La séparation d'avec la Guadeloupe est désormais chose faite. Seuls les utilisateurs enregistrés peuvent laisser un commentaire. Powered by AkoComment Tweaked Special Edition v.1.4 |
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C'est effectivement un excellente reference sur la question je le recommande a tous les utilisateurs. Merci Patricia de l'avoir mis dans ton comment.
L'intérêt d'Haïti serait aussi de rendre ses règles plus attractives en matière fiscale et de rechercher plus de stabilité pour être aussi un centre offshore au lieu d'imiter le jeu des nostalgiques du communisme