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Réflexions
Est-ce vraiment la fin?
Est-ce vraiment la fin?dimanche, 17 mai 2009
Serait-ce la fin de l'une des plus violentes guerres civiles du monde? L'armée sri-lankaise vient d'infliger officiellement une défaite sans appel aux Tigres de libération de l'Elam Tamoul ( தமிழீழ விடுதலைப் புலிகள்) qui mène depuis 1976 une lutte sanglante pour la sécession du nord de l' ancien Ceylan aujourdhui Sri Lanka. Son objectif était de créer dans cette région l'Elam, un Etat tamoul indépendant affranchi de la domination de la majorité cinghalaise. La dernière portion de territoire controllée par les tigres vient de leur être arrachée au prix d'une lutte sanglante. Certaines rumeurs font même état de la mort du chef historique du LTTE Velupillai Prabhakaran. La question qui reste sans réponse est toutefois la suivante : est-ce vraiment la fin ?
Pendant leur lutte et dans le cadre de la gestion de la portion du territoire qu’ils contrôlaient, les Tigres s’étaient illustrés par la commission d’atrocités particulièrement condamnables et un mépris certain des règles du droit international humanitaire. Ils recourraient notamment à la torture, à l’embrigadement d’enfants soldats et utilisaient avec une redoutable efficacité les attentats suicides notamment par la mobilisation de « tigresses » galvanisées par le message nationaliste. Récemment, dans le cadre du module de DIH à l’Université Quisqueya, un représentant du CICR a fait une intéressante présentation du conflit sri-lankais qu’il avait vécu de l’intérieur. Au-delà des excès qui ont caractérisé ce conflit il y a lieu cependant de s’interroger sur le fond du problème à savoir la question tamoule. La solution militaire suffira-t-elle ? Le succès de ce jour qui fait jubiler les officiels sri-lankais suffira-il pour ramener la paix et la concorde dans cette ile du Sous continent indien marquée par la tension entre cinghalais et tamoul ? La vie « démocratique » sri-lankaise actuelle laisserait peu d’espace à la minorité tamoule pour l’expression de sa culture et de sa singularité. La population tamoule surtout la jeunesse serait marginalisée dans l’octroi d’avantages divers et dans l’accès aux services de base ainsi qu’aux emplois publique. Elle ne se reconnaitrait pas dans un Etat sri-lankais évoluant dans le cadre institutionnel actuel d’où le fort soutien dont les LTTE ont pu se targuer tant dans sur l’île que dans la vaste diaspora tamoule active tant en Europe qu’à Maurice, la Réunion ou , dans les Antilles, à la Martinique et à Trinidad. On ne pourra valablement parlé de la fin du conflit sri-lankais que si le Gouvernement parvient à faire une place à la minorité tamoule, à l’expression de sa culture et de sa religion dans un Etat qui tolèrerait la diversité. Il a été démontré à travers le monde que les conflits latents étaient parfois beaucoup plus dangereux que ceux qui se manifestent au grand jour. Plutôt que de se reposer sur les lauriers de la victoire militaire les officiels de ce pays fascinant gagneraient à entamer un processus politique conduisant à une véritable concorde nationale. La fin n’est donc pas forcément la fin. Recommandez (17) | Citez cet article sur votre site | Imprimer | Email
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