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L'anthropocentrisme du droit spatial
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L'anthropocentrisme du droit spatial
L'anthropocentrisme du droit spatialmardi, 12 juin 2007
L'encadrement juridique de l'exploration spatiale sans être une préoccupation de tous les instants des juristes et du public ne doit pas les laisser indifférents. Il peut renseigner sur des données intéressantes de la réalité humaine.
D'une part , son analyse permet de cerner l'inégalité flagrante entre les membres de la communauté internationale dans ce domaine, l'émergence d'un nouvel acteur dans la vie internationale, en l'occurence l'Humanité et d'autre part, elle nous conduit à mieux appréhender le phénomène juridique en tant que donnée sociale . Si les activités spatiales sont menées au nom de l'Humanité , entité intemporelle et supra-étatique, elles le sont en fait par quelques puissances très jalouses de leur avance technologique. On peut dès lors questionner l'importance réelle du concept émergeant d'Humanité en droit international. Par ailleurs , et plus fondamentalement toute réflexion sur le droit spatial, ses méthodes et fondements peut conduire à reconsidérer le droit comme phénomène social en général. Le principe admis actuellement par le droit international est que la Lune , les autres corps célestes et l'espace extra-atmosphérique en entier relèvent du Patrimoine commun de l'Humanité. Cela implique qu'ils ne soient pas susceptibles d'appropriation par les Etats et que leur exploration se fait au nom de l'Humanité dans son ensemble ( incluant les générations présentes , passées et à venir). L'explorateur en est donc un envoyé ,un ambassadeur. Sous une apparence d'Humanisme tout à fait louable cette façon de penser révèle l'anthropocentrisme du droit qui n'est pas sans rappeler des périodes sombres de l'Histoire. Le droit est donc construit dans l'intérêt exclusif de l'Homme. Il est centré sur lui . Quand ,dans l'ignorance de l'existence possible d'autres formes de vie, on se proclame en tant qu'Humanité maître des espaces cela s'apparente à l'européocentrisme qui a justifié la colonisation et l'esclavage au cours des siècles passés. Le droit international était alors un produit européen centré autour des intérêts des puissances européennes! Les terres lointaines avaient vocation à appartenir aux Etats européens qui partaient à leur découverte (conquête). Le questionnement de l'anthropocentrisme du droit constitue sans nul doute une démarche intellectuelle inhabituelle. Quel autre intérêt pourrait être en jeux et vaudrait la peine d'être défendu? Cette démarche permet cependant de susciter des réflexions sur la nature humaine en général mais aussi sur le phénomène juridique et politique. Le droit pourrait-il ne pas être anthropocentriste quand il émane de l'Homme? Il s'agit d'une question qui est également présente en droit de l'environnement , discipline prétendant valoriser les éléments de la flore et la faune en tant que tels alors qu'ils ne sont en effet protégés que dans l'intérêt de l'Homme! L'affectation des activités spatiales et de l'ensemble de l'espace extra-atmosphérique à l'Humanité toute entière ne relève-t-elle pas paradoxalement d'une démarche identique à celle du colonialisme? Ces interrogations à première vue spécieuses n'étaient en réalité que prétextes à réflexion sur le droit en tant que véhicule d'idéologies ou tout simplement produit de superstructures. Questionner l'anthropocentrisme du droit spatial c'est un moyen de réfléchir sur le droit comme véhicule de la pensée des classes ou groupes dominants qui controlent l'appareil de production normative et arriver à la conclusion qu'une conquête du pouvoir par un groupe implique la conquête de cet appareil. Il faut tout de même admettre que cette conquête n'est souvent qu'apparente et formelle notamment dans le cadre de la démocratie représentative libérale aujourdhui érigée pratiquement en "Evangile laïque" par un certain "Ordre moral international". Recommandez (23) | Citez cet article sur votre site | Imprimer | Email
1. 15-06-2007 10:27 Bel effort de réflexion Votre article démontre encore une fois la sagesse de nos proverbes haïtiens. Ne disons-nous pas: "Bourik Sendomeng mèt chèlbè kon chèlbè, kou l midi, fòk li ranni?" Dans le cas du droit spatial, il ne s'agit pas tant d'anthropocentrisme que d'un avatar de l'européocentrisme, l'Europe ou, pour inclure les USA, l'Occident, s'étant toujours considérés et se considérant encore comme seuls représentatifs de l'Humanité. La mission civilisatrice de l'Europe, le fardeau de l'homme blanc, l'universalité de la culture occidentale .... sont à la base de ce choc de civilisations dont nous connaissons les barbares conséquences. Le droit comme moyen pour les groupes dominants d'imposer leurs modes de pensées? Comme vous me rappelez Marx! C'est triste comment,aujourd'hui encore, le Droit International est occidental. C'est encore plus curieux que les décisions prises pour l'Humanité le soient par un tout petit groupe. Ou que l'on soit prêt à investir des milliards de dollars chaque année dans la "conquête de l'espace, alors que presqu'un sixième de cette Humanité se meurt de faim.Voir The indifference of good men Du reste, le Président américain, George W. Bush, ne se propose-t-il pas, depuis 2004, de militariser l'espace? D'assurer la conquête de l'espace pour son pays? Lui, au moins ne parle plus d'Humanité et a le mérite d'être honnête. Noam Chomsky a abordé le sujet avec la fougue qui le caractérise. La vidéo - malheureusement en anglais est postée ci-dessous. 2. 15-06-2007 21:51 Bel effort de réflexion Est-ce une fatalite que les choses soient ainsi/? 3. 15-06-2007 22:16 Bel effort de réflexion Une fatalité? Grands Dieux, non! On ne se bat pas contre une fatalité. On ne peut que la subir. Seuls les utilisateurs enregistrés peuvent laisser un commentaire. Powered by AkoComment Tweaked Special Edition v.1.4 |
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